
Le monde de la chirurgie est souvent perçu comme un bastion masculin, où seules quelques femmes parviennent à se faire une place.
Je me souviens encore de mon stage en neuro-chirurgie ,où UNE interne qui avait accompli tous ses trimestres et à qui on avait confié toutes les gardes de Noël, jour de l’an, etc… s’était vue refusée l’accès à l’assistanat et proposée la gynéco-obstétrique !!!!!! Le cerveau : organe masculin d’élite ?
Dans cette BD très fouillée, en 2 tomes, Leïla SLIMANI – prix Goncourt 2016 pour » Chanson douce « – et Clément OUBRERIE – » Voltaire amoureux » , » Aya de Yapougon », « Zazie dans le métro » etc… retracent la vie de Suzanne NOËL, première femme chirurgienne esthétique.
À l’orée du 20° siècle, Suzanne NOËL passe son baccalauréat

Suzanne NOËL a épousé un dermatologue parisien ; passionné par son métier, il a une belle patientèle…qu’il évoque parfois, à la demande de son épouse.
Mais Suzanne s’ennuie » C’est toujours la même chose, les mêmes conversations futiles … »
Travaillant d’arrache-pied – elle doit rattraper la philosophie, les maths, les sciences – elle craint de se ridiculiser et de » ridiculiser toutes les femmes « . Elle se présente en octobre 1903, UNE parmi les six bachelières qui se seront présentées sur tout le territoire !
Pour elle : » Ma vraie vie commence » , dès son inscription à la faculté de médecine.

Un autre des préjugés concernant l’exercice de la chirurgie par des femmes est qu’il est incompatible avec une vie de famille.
En 1908, Suzanne, enceinte, travaille dans différents services : pédiatrie, médecine générale, service des urgences….
Malgré un passage remarqué en dermatologie, elle choisit de s’orienter vers la chirurgie réparatrice. Grâce à un pionnier, le Pr MORESTIN, elle se sensibilise à l’aspect social de la chirurgie esthétique : celui qui s’intéresse aux brimades des enfants accidentés au visage, aux morsures au visage qui font fuir les proches….etc ….
L’argument piégeux : » vous êtes en vie, alors n’est-ce pas là l’essentiel ? «

» Le médecin qui m’a opérée dit que j’aurais pu mourir et que je devrais être heureuse d’être toujours là pour élever mes enfants …mais ils ont peur de moi ! «
Marianne Prevot pratique la chirurgie reconstructive et esthétique quotidiennement depuis près de trente ans et dit avoir été bouleversée par la façon dont Suzanne Noël décrit son métier dans son livre paru en 1926 : La chirurgie esthétique, son rôle social.
( Paris. Masson, 1926 )
ma grazie per questa particolare informazione: non si finisce mai di imparare!!!
Altro grazie dovuto a lei: mi ha risposto in italiano!
Gentile poetessa, sono molto felice e colpita che lei abbi fatto lo sforzo di tradurre gli pezzi del mio blog…